Il en est des lectures comme des gens, elles peuvent vous mener loin dans l'aventure.
Ce spectacle c'est d'abord un coup de coeur pour un roman et une évidence " Soie" devait devenir un spectacle.
Le mode de la lecture théâtre s'est imposé d'emblée,dans un décor sobre, deux pupitres, une chaise de velours,une bague bleue oubliée sur la chaise, un masque blanc, voilà pour le côté France et un podium recouvert de soie, un masque peint,c'est le Japon et son mystère.
L'histoire: " Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains.
Entre les monts du Vivarais et le japon c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, un alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencés, des personnages de désir et de passion, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable."
Extrait: " A l'homme le plus imprenable du Japon, maître de tout ce que le monde réussissait à faire sortir de cette île, Hervé Joncour essaya de raconter qui il était.Il le fit dans sa propre langue, en parlant lentement, sans savoir exactement si Hara Kei pouvait le comprendre.Instinctivement, il renonça à toute prudence, rapportant, sans rien inventer ni omettre, tout ce qui était vrai, simplement.
Hara Kei écoutait, sans que l'ombre d'une expression décomposât les traits de son visage...."
Ce spectacle a été joué en particulier au Théâtre de Poche à Toulouse ( Merci Didier Albert).
Théâtre de Poche 10 rue d'El Alamein Toulouse.
Article parue dans la Depêche de Toulouse.
" Voix de Soie
Si lire en scène est un peu galvaudé, la lecture théâtre, elle, rest un exercice plus rare et périlleux.Il faut savoir lire sans trop dire, dire sans trop lire et jouer sans trop, sans oublier le texte sur sa page qui veut être lu et non su.
c'est dire le risque qu'ont pris Yolande Ferré et Paul Dussel en créant " Soie", le roman d'Alessandro Baricco, sur la scène du Théâtre de poche.
Le texte s'y prête volontier. Par son histoire d'abord, celle d'un soyeux contraint de se rendre au Japon pour en ramener de précieux oeufs de ver à soie. Il y trouve l'ailleurs, la fin du monde, l'amour incommencé parachevé dans la mort. Il y a encore la langue de Baricco, sa finesse, ses ciselures classiques et ses images baroques. La sensualité, enfin, d'une ambiance faite de peau et de soie, de silence et de froissements légers.
Les deux voix de l'Avant Théâtre ont tenu la gageure. Peu d'accessoires, peu d'effets; le respect du rythme, des répétitions; le choix de la lenteur et des silences ponctués de tintements confèrent à ce théâtre sans théâtre la sobriété qui lui sied. Il en reste une sensation de torpeur légère, fraîche, fine et légère comme un voile...eh bien de soie."
Jacques-Olivier Badia
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